Mirror’s Edge

Posté par Imrallion

Review d’un ovni vidéoludique…

Mirror’s Edge, c’est avant tout (ou du moins lors de son annonce) un concept. Jeu de plate forme en 3D, en vue subjective.
Dans un futur proche, les politiques et les entreprises privées contrôlent l’information et exercent une surveillance sur les civils, et punissent tout acte de rebellion, même le plus minime et la population, écrasée par cette dictature subit ces pressions.
Mais quelques irréductibles, les messagers (runners en anglais) défient le pouvoir et se livrent à des activités clandestines, rétablissant un semblant d’information et de communication en délivrant des messages en déjouant les systèmes de surveillance…depuis les toits de la ville. Faith, notre héroine est une messagère. Elle se jette corps et âme dans la résolution d’une véritable machination politique, qui la concerne directement, mais implique aussi sa propre soeur. Habile et féline, Faith se déplace donc sur les toits de la ville avec une aisance hors du commun. Si Faith n’est pas surhumaine, elle est néanmoins un être exceptionnel, et c’est, en tant que joueur, un véritable honneur (et un plaisir) que d’incarner un tel personnage.

Mais les choses dégénèrent. Si la police fermait les yeux sur les agissements des messagers, il semble qu’ils aient décidé de freiner ces activités clandestines, et même de les stopper purement et simplement.

Le jeu vous met donc dans la peau de la jeune Faith, et vous « invite » à parcourir les toits de la ville. De nombreuses actions s’offrent à vous, vous les découvrirez à travers un parcours d’entraînement relativement simple qui vous permettra de réaliser ces actions et combinaisons de mouvements. L’immersion est grande….très grande…aucun hud ne vient « pourrir » votre écran. Concrètement, le seul hud qu’il y ait, c’est un petit point au centre de l’écran. Pas de barre de vie, de compteur de munitions ou tout autre élément perturbateur. Vous êtes dans la peau de Faith, et ça se sent. Vous voyez même vos jambes lorsque vous regardez vers le bas. Ces même jambes qui d’ailleurs vous retournent l’estomac lorsque vous sautez entre deux immeubles et que vous regardez vers le sol…80 ou 90 mètres en dessous de vous. Ce que vous faites, vous le faites vite. Vous fonctionnez à l’instinct, et très rarement, vous aurez à vous arrêter pour chercher votre chemin. Vous êtes perdu? (ce qui arrive rarement), deux petites assistances s’offrent à vous. Le « sens urbain » (drôle de nom) représente en quelque sorte votre parcours. Des éléments du décors prennent une teinte rouge (appuis, tuyaux…) et vous indiquent le chemin à prendre. Relativement discrêts, ils ne se montrent que quand vous êtes en face. Une aide précieuse, pratique, et peu intrusive, pouvant même être masquée via les options. Enfin, un appui sur un bouton de votre manette ou clavier dirige votre vision vers votre destination globale. Si la liberté est grande, on se sent tout de même parfois « enfermé » dans un décors urbain. On regrette par moment qu’il n’y ait pas plus de chemins disponibles pour rallier votre objectif. Le chemin ne se sépare jamais vraiment en deux (cela arrive, mais pour l’espace d’une ou deux actions). C’est un des points noirs.
Par ailleurs, l’esthétique du jeu est sublime. Loin d’être une révolution graphique, les décors sont…vertigineux. Un aspect très clinique qui convient parfaitement au background.

Votre progression se fait donc très rapidement. L’action est ponctuée de confrontations avec les forces de police. Car si elles vous laissaient certaines libertés dans les premiers niveaux, elles sont plus violentes et plus nombreuses par la suite. C’est à mon humble avis un gros point noir…je m’explique…

Amusants au début, les affrontements doivent être rapides et intelligents. Pas question d’affronter deux ennemis en même temps. Il convient d’isoler un ennemi, de le réduire au silence, puis fuir…ou combattre ses collègues. La dev team a été claire, le jeu peut se terminer sans combattre un seul policier. Si sur papier la promesse est alléchante, en pratique, ce n’est pas vraiment le cas. Ces affrontements, bien trop nombreux se corsent avec le temps (beaucoup trop d’ennemis, armés de plus en plus lourdement). Après être mort une dizaine de fois en tentant de se frayer un chemin entre les balles de mitrailleuses, on préfère finalement se farcir un poulet (dérive de langage illustrant l’énervement qu’on peut ressentir dans ces moments) pour récupérer son arme, et éliminer ainsi les autres ennemis. L’entreprise est répétitive. Généralement, on approche vers l’ennemi, et systématiquement, celui-ci arrête de vous tirer dessus, et se prépare à vous donner un coup de crosse. Dès lors, son arme clignote en rouge, vous appuyez sur le bouton de désarmement, s’ensuit la petite acrobatie qui va bien, l’ennemi est à terre vaincu, et son arme est entre vos mimines. Autre possibilité, beaucoup plus simple, on approche de l’ennemi, et on martèle le bouton d’attaque. Après 6 coups, l’ennemi chute, et vous n’avez qu’à ramasser son arme, et dégommer les ennemis.
Ces actions sont très souvent dénuées de logique. Pour citer les abbérations :

- Un ennemi à 2 mètres de vous ne vous touche pas avec ses balles si vous courez dans sa direction (pas besoin de zigzaguer). Par contre, si il est à 60 mètres de vous, il sera capable de vous dégommer comme un lapin, même planqué derrière un pilier révélant à peine votre petit doigt de pied.
- 6 coups. C’est ce qu’il faudra pour venir à bout d’un flic en uniforme, d’un garde du corps en chemise, mais aussi d’un membre du swat en « armure » avec le casque qui va bien
- Chopez un type à découvert, ses amis tireront tout de même dans votre direction. Pas de pitié entre eux.
- L’intelligence artificielle en général est pathétique. Les ennemis ne cherchent pas à vous contourner, à vous prendre à dépourvu…dommage

On a retrouvé Neo

On a retrouvé Neo

Au final, les affrontements sont ridicules, répétitifs, et cassent le rythme. Le jeu n’étant clairement pas attirant pour ses affrontements, ils représentent une majeure partie de celui-ci. Si les combats avaient été intéressants, je dis pas…mais là, c’est clairement une source d’ennui.

Enfin, et pour en revenir aux phases acrobatiques, on regrette de ne pas pouvoir en faire plus. Dans une séquence Faith réalise un saut sublime, prenant appui sur un panneau en glissant, et sautant au dessus du vide, pour se réceptionner sur une grue. Ce passage m’a fait frissonner tellement c’était énorme. Hélas, une fois en jeu, seulement deux ou trois fois j’ai eu l’occasion de réaliser semblable prouesse. C’est dommage.

Et puisqu’on est en pleins défauts, je vais renchérir sur ces derniers, comme ça, ce sera fait !
Votre progression est ponctuée de waypoints. C’est à dire qu’une fois un point atteint, votre progression est sauvegardée, et en cas de mort, vous reprendrez à ce point là. Ces waypoints sont trop irréguliers. J’entend par là que par moments, pendant 10 minutes, il n’y en aura aucun, autant à d’autres moments, vous en aurez 4 ou 5 qui s’enchaîneront. Notons que cela intervient généralement dans des moments critiques, provoquant frustration et énervement chez le joueur : Vous mourrez face à une dizaine de flics (après avoir tué le 9ème plus exactement) pour découvrir que votre dernier waypoint était 10 minutes avant l’affrontement. Frustrant…

Enfin, c’est un avis personnel, mais je regrette grandement les séquences scénaristiques (entre 2 niveaux)…en cell shading, de piètre qualité. Habitués aux graphismes très « cliniques » comme je le disais plus haut, les séquences en cell shading brisent cette impression est se montrent finalement perturbatrices. Quelle raison à pu motiver un tel choix? Aucune idée.

Enfin, et c’est là une des pires choses qui puisse sévir dans ce genre de jeu : La durée de vie. Comptez environ 6 heures (en comptant les morts, les chutes et autres) pour terminer le jeu…sur une fin…courte et qui ne donne finalement que peu d’indications au niveau de l’histoire. C’est triste. Par ailleurs, j’ai oublié de préciser, mirror’s edge sera une trilogie, deux autres volets devraient voir le jour dans le futur…ceci explique cela.

Nous avons tout de même deux modes de jeu supplémentaires, un time attack, et un parcours. Le premier vous propose d’affronter la montre, et de battre vos propres records dans les niveaux parcourus (sans affrontements), quand au second, il est sensiblement similaire, mais cette fois avec les affrontements. Rien d’exceptionnel, mais pour les accrocs du challenge, ils augmenteront la durée de vie généreusement…

Alors voilà, Mirror’s edge, ce jeu qu’on attendait depuis si longtemps provoque passion ou frustration. Pour ma part, je signe passion. Bien que souffrant de défauts énervants (je pense en avoir fait l’étalage), c’est un jeu passionnant, on prend un malin plaisir à contrôler la belle Faith (et pour une fois c’est une Video game babe qui fait une apparition sans airbags monstrueux) et on découvre avec plaisir une intrigue certes simple, mais assez bien ficelée.

Verdict? Un excellent jeu, un des meilleurs de l’année pour ainsi dire.

Dispo sur PS3, Xbox360 et PC.

Une petite vidéo du jeu s’impose tout de même…

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Ce billet a été posté le Mardi, novembre 18th, 2008 à 20:33 et classé dans VideoGames. Vous pouvez suivre les commentaires sur le flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien faire un trackback depuis votre site.

2 réponses à “Mirror’s Edge”

  1. CleMs a dit:

    Merci pour l’article super complet :)

    Au moins je sais vraiment à quoi m’attendre si j’investis ^^

  2. Imrallion a dit:

    De rien ;)

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